On prend la même scène de théâtre avec des acteurs différents, c’est tout.

C’est la nuit que sortent les démons.

En travaillant en nuit, je me rappelle à quel point c’est véridique. Dès que le soir arrive, que l’équipe de jour passe à l’équipe de nuit, on dirait que les patients le sentent. La douleur se réveille, les angoisses, les doutes et les envies diverses. Le soir tombe, la lumière tombe et la noirceur surgit, sous toutes ces formes.

Les enfants ont peur des monstres sous leur lit, derrière la porte ou dans leur placard. Ils n’ont pas peur la journée, ils ont peur quand les lumières s’éteignent, que le silence s’installe et qu’ils se retrouvent seuls dans le noir et dans le calme. Bien sûr qu’ils ont peur! Les peurs des enfants sont à la fois naïves et logiques.

Quand on grandit, on a pas « moins peur », on est pas plus mûrs ou plus courageux non, les peurs sont toujours là, c’est la forme du monstre qu’elles choisissent qui est différente. On prend la même scène de théâtre avec des acteurs différents, c’est tout.

Le soir mes démons attendent sagement que je sois bien installée dans mon lit prête à dormir pour sortir. Ils se glissent hors de leur cachette, sournoisement, et viennent m’envahir. Mes pensées les plus négatives ressortent et pointent leurs armes sur moi, mes plus grandes peurs s’affichent ouvertement, sans honte.

J’ai peur.

Non? C’est moi?

Une nouvelle année commence, personnellement je la commence malade comme un chien. Je tousse jusqu’à la gerbe et je crois qu’aujourd’hui j’ai un peu dégoûté quelques personnes au travail, et j’espère que je l’ai refilé à personne… Surtout aux patients.

Ce début d’année négatif ne m’empêche pas pour autant de trouver une belle perspective aux prochains mois. La construction de notre maison, même si elle se passait mal, c’est un pas énorme, mais un pas qui va durer des mois et des mois. C’est comme si quelqu’un marchait et qu’entre deux pas, la jambe levée, on mettait sur pause, pendant quelques temps. Et au moment de reposer le pied, bim, une maison ! Personne n’arriverait à marcher aussi lentement. C’est quand même un des grands projets de la vie ça, quand on y réfléchit. En faisant un point sur moi-même, beaucoup de choses sont ressorties. Les choses habituelles, mes peurs et mes noirceurs à la con, qui grandissent en moi alors que je leur refuse l’accès. Ces connes n’ont pas peur, elles. Mais bon. A part elles, le point sur où j’en suis dans ma vie, et j’en suis quand même à une « moitié » pas en terme d’âge mais en terme de décisions. Là nous en sommes à constuire une maison, à avoir des enfants, titulaires au boulot..

On en est plus à on sait pas ce qu’on veut faire de notre vie, à aller d’appart en appart, à trouver que oulala le temps passe vite mais sans rien changer pour autant. Là j’ai l’impression d’être à la fin d’une route et d’être sur le point de faire un pas -encore un pas- décisif en direction d’une nouvelle route.

Cette nouvelle route je l’ai choisie, elle ne me déplait pas, elle est ce que je veux, ce que j’ai toujours imaginé que j’aurai un jour. Le fameux « un jour quand… J’auraiunmariunemaisondesenfantsunchienunchatunepiscine ». Mais cette nouvelle route, bien qu’attirante, reste flippante.

Constuire la maison :et si ça merde ??????? si le terrain merde, si la construction merde, si une fois dedans on se dit « non mais… c’est pas ça en fait ça suffit pas ! ». (mais qu’est-ce qui suffit?). Ces décisions sont tellement importantes, comment être sûrs que ce sont les bonnes ? C’est bien ça le problème, le hic la peur le flip le bordel : on ne sait jamais. J’ai l’impression que dans la vie il ya beaucoup de sauts dans le vide, de paris, de viens on fait ça et on verra si ça marche. Est-ce que ce serait mieux d’être sûrs de tout ? MDR, c’est une chose que je ne saurai jamais ça ! Moi qui hésite entre la glace à la pistache et au caramel devant le glacier, moi qui vais tourner en rond 10 ans pour décider de la moindre petite merde ! Et on me demande d’être sûre de vouloir vivre là, ici, sur ce terrain, dans cette ville, dans ce quartier, dans ce lotissement, dans cette maison-là ?

Mais qui peut sincèrement dire « mais oui bien-sûr que je suis sûr d’être sûr. »

Le bébé : WHAT ?? on va me défoncer la foune à l’accouchement pour ensuite changer ma vie à jamais ? Je crois que celui-là c’est le plus dur des sujets. Non non non, avoir un enfant ça changera trop de choses, nous ne sommes pas prêts. Oui, mais quand le serons-nous ? Est-ce qu’on l’est vraiment un jour ? Oui, c’est vrai, pas bête. Mais bon y’a pas urgence, surtout dans cet appart. Il mourra d’hypothermie ce gosse. Quand je regarde l’appart je me dis non mais en fait c’est pas possible on pourra pas vivre ici avec un gosse, on le mettrait où ??? On en pèterait ! Mais qu’est-ce que je fais ? Je redis qu’on met des capotes ? Puis on les enlève dans 4-5 mois ? Et si je met très longtemps à tomber enceinte ? Genre si on essaye que dans un an et que je met encore 2 ans à y arriver ?

Et si on y arrive le mois prochain ?

Et au fait, mais pourquoi est-ce que tous au mois de janvier on fait un point sur notre vie ? Le cerveau humain doit-il faire un tour d’un an, avant de s’auto-formater, de réfléchir à ce qu’il y a eu, à ce qu’il va y avoir, à ce qu’il veut qu’il n’a pas, à ce qu’il a qu’il ne veut pas, à toutes ces merdes, à toutes ces choses magnifiques, mais souvent à ces choses négatives ? C’est souvent dans ce sens-là non les fameuses résolutions ? On veut du mieux, c’est « cette année plus de ça » « cette année je ferai mieux », c’est rarement « cette année je reste exactement comme je suis, avec ce que j’ai déjà parce que je suis satisfait », non ?

Non ? C’est moi ?

 

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